Cette journée,
initiée par Cyril Vinsonnaud, coordinateur de l’année 2012, était organisée le 15
Mai 2012 au Ministère de la Santé à Paris. Très schématiquement, elle
s’est déroulée en 3 temps :
1. En introduction : importance que revêt le sujet, son contexte, les grandes étapes
des politiques menées. Parmi les points clés à retenir :
- le vieillissement est un
processus normal, on ne le répétera jamais assez, il n’est en aucun cas
synonyme de dépendance,
- l’accès des personnes âgées à la culture
est une réponse globale au vieillissement actif ;
- mais qu’entend-t-on par
culture ? L’exposé de Geneviève Laroque mettait en lumière les définitions
diverses et variées que l’on peut en donner,
- par évidence, une
donnée impérative s’impose :
on ne plaque pas la culture par injonction.
- il faut savoir
qu’aujourd’hui, les directeurs d’Etablissements peuvent inscrire un volet « culture » dans leur
Projet d’établissement etil est nécessaire que les Etablissements pour
personnes âgées « rayonnent » à l’extérieur.
Cette première partie
s’est achevée par la présentation de 6 extraits d’un film de 52 minutes
« Artiste…à mon âge » » Ce film a été tourné dans la maison de
retraite « Les mésanges » en Alsace.
Sa productrice a souligné
que l’objectif très précis était d’offrir une image positive de la vie d’une
maison de retraite de 53 résidents.
Les extraits visionnés
mettaient le zoom sur le suivi durant une année d’ateliers d’arts plastiques.
2 Une première table ronde était articulée autour « d’exemples d’activités culturelles mises en place au sein d’un
établissement pour personnes âgées. »
conditions de succès des actions menées, leur pérennité, leur impact.
Une palette d’activités a
été présentée, à chaque fois dans
le contexte singulier qui donne sa signification à l’action. (Parmi les
exemples rapportés : activités physiques et sportives ; parcours de
santé ; sorties musée ; rencontres personnes âgées avec les enfants
d’une école maternelle, autour des jeux modernes et anciens, de l’école hier et aujourd’hui ;
activité intellectuelle…)
3 Une seconde table ronde était articulée, en contre point, autour des « éventuels obstacles au développement d’activités culturelles dans
un établissement pour personnes âgées ».
Freins rencontrés,
difficultés identifiées, leviers pour les contourner.
Parmi les points
clés : - difficultés à
convaincre les directeurs des EPHAD,
de l’importance de l’enjeu,
- problème de pérennisation de l’action
- importance de réunir
plusieurs partenaires (Etablissement, éducateur, tissu social local, bénévole…)
- le financement n’est pas
un obstacle insurmontable car beaucoup de choses peuvent se faire avec peu de
moyen, il faut surtout des volontés.
Dominique Thierry,
Vice-président de France Bénévolat et membre du collectif
« Age », a tiré les
enseignements de 8 cas de terrain, accompagnés dans la durée et évalués
par France Bénévolat dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation SNCF
Selon lui, 7 enseignements
majeurs peuvent être tirés :
1) Un
animateur culturel ou non dans l’établissement: çà change tout!
2) La
nécessité d’un vrai partenariat avec une association dédiée ou des
associations locales
3) Les jeunes
n’ont pas peur des personnes âgées mais il faut un apprivoisement réciproque
(au sens du Petit Prince !)…çà peut être long et il faut « des
passeurs » ;
4) Une place
incontournable des bénévoles, mais pas un rôle de compensation, encore moins de
remplacement, mais de valeur ajoutée humaine, d’où la nécessité d’une
vigilance de tous les instants !
5) Bien sûr, il y a besoin d’un coup de pouce
financier (surtout s’il y a des investissements à faire, ce qui est toujours le
cas des bons projets innovants)…les bénévoles, c’est 90% de la ressource…il
faut les 10% « d’effet de levier »
6) Le
cercle vertueux de projets initiaux,
souvent très modestes au départ, qui font progressivement faire Projet, puis Système et enfin
Culture… un rôle clé, dans la durée d’un porteur de projet (le plus souvent
l’animateur culturel)
7) Le passage
du « faire pour », au « faire avec », puis au « faire ensemble »…
Le critère final d’appréciation,
c’est quand les résidents passent de la position de spectateurs à celle « d’acteurs »
(à tous les sens du terme) et ont un autre regard sur eux-mêmes; donc, quand nous avons, par effet miroir, un autre regard sur eux.